Hot! Comment éviter un véritable effet de serre dans sa salle de serveurs?

PAS D’EFFET DE SERRE DANS MA SALLE DE SERVEURS SVP!!!

Si vous avez la responsabilité de superviser l’exploitation d’une salle de serveurs, vous savez déjà à quel point il est important d’y préserver des conditions d’opérations optimales (une météo adéquate) :

  • S’il y fait trop froid, il vous en coûtera une fortune pour l’opérer;
  • S’il y fait trop chaud, les équipements (serveurs) et processus critiques qu’elle supporte en pâtiront, c’est certain;
  • L’excès de poussière et de polluant doit aussi être soigneusement contrôlé, afin de préserver un environnement, tout aussi sain pour le personnel, que sécuritaire pour les équipements.

 

Donc, pour vous aider à mieux comprendre  les pratiques et les paramètres requis pour maintenir des conditions d’opération optimales (une météo adéquate, si vous préférez), et éviter du même coup d’avoir un jour à faire face à un véritable effet de serre dans votre salle de serveurs, j’ai décidé de vous expliquer le gros bon sens en la matière.

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ET VOUS,   LE SAVIEZ-VOUS?

Ayant rencontré plusieurs gestionnaires et informaticiens responsables de l`opération de salles de serveurs au cour de ma carrière, je sais très bien qu’il s’agît d’un sujet encore obscur et mystérieux pour plusieurs.

Bien entendu, il y a plusieurs détails a comprendre, mais avouez qu’un petit récapitulatif ‘gros bon sens’ ne peut pas faire de mal à personne.

De plus, de nombreux points de vue ont émergés dans ce domaine au cours des dix dernières années, j’ai donc cru pertinent d’écrire sur ce sujet.

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QUE DIT LA LOI?

Les paramètres d’opération d’une salle de serveurs sont habituellement établis en fonction de nombreux facteurs, et aucun n’a, à ma connaissance, force de loi.

Les paramètres d’opération désirés dépendront, essentiellement, des prescriptions des manufacturiers d’équipements, des objectifs de performance recherchés, de la densité de la charge en équipement, des critères d’aménagement de la salle et quelques autres variables du même genre.

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Ceci dit, l’ASHRAE (l’American Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers), un organisme international reconnu pour la qualité de ses publications, fait présentement office de normes de références dans l’industrie (au Québec, comme un peu partout en Amérique du Nord).

Les informations publiées par l’ASHRAE permettent, notamment, de définir clairement les conditions climatiques, ou « environnementales », devant être maintenues (niveaux de température, humidité, taux de particules, etc.).

Cliquez sur logo ASHRAE afin de pratiquer votre anglais et comprendre pourquoi il est si important de contrôler  les niveaux de contaminants dans une salle de serveurs.

 

LA TEMPÉRATURE IDÉALE DANS LA SALLE…

Bien qu’une minorité de salles soient conçues pour opérer au-delà de cette limite, une température ambiante moyenne de 23 º Celsius est habituellement visée, pour la rangée froide seulement (par ce que c’est à cet endroit que vos serveurs puisent leur air frais).

La température de la rangée chaude sera, bien naturellement, un peu plus élevée (et même parfois beaucoup plus).

En fait, j’ai déjà constaté des températures pouvant osciller entre 18 et 27 °C (rangée froide), mais, une sorte de consensus semble s’être établi autour de 23 °C (ce qui correspond aux besoins de la vaste majorité des salles de serveurs au Québec).

Les principaux facteurs permettant d’opérer à l’extérieur de cette limite sont, essentiellement, dictés par l’âge des équipements, car ceux-ci sont dorénavant conçus pour opérer à des températures beaucoup plus élevées qu’auparavant, sans pour autant impacter leur durée de vie, leur performance et leur garantie.

Il est plutôt rare que l’opération de la salle en dessous de cette limite soit due à des contraintes imposées par les équipements informatiques (à moins d’utiliser de très vieux équipements, et même là encore…!).

En fait, et bien que cela puisse représenter une fortune en coût d’opération inutile, la pratique d’opérer la salle en dessous de la barre des 23º Celsius est plutôt due au manque d’information et de sensibilisation des principaux intéressés.

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Ça vaut la peine d’y voir!

Partant du principe qu’une économie de 4 % est réalisable en augmentant le point de consigne des climatiseurs d’un seul º C (j’ai lu ça quelque part), ça peut potentiellement représenter des économies substantielles, sans pour autant affecter la performance et la disponibilité de vos opérations. C’est un pensez y bien.

 

L’HUMIDITÉ IDÉALE DE LA SALLE

De façon générale, le pourcentage d’humidité relative (HR) pour une salle de serveurs devrait se situer aux alentours de 48 % HR, avec une tolérance de ± 20 %.

 

  • Si le pourcentage d’humidité relative dans l’air est trop bas (disons, ≤ 35 % HR), le risque de décharge électrostatique s’en retrouve significativement accru (je dirais même dangereusement accru).
  • Inversement, s’il est trop élevé (≥  60 % HR), des problèmes de condensation pourraient survenir avec, comme on peut s’en douter, tous les risques que cela comporte (moisissure, rouille, contamination, dégradation du matériel et de la propreté, etc.)

 

TAUX DE POLLUANTS ET DE PARTICULES EN SUSPENSION DANS L’AIR.

Lorsqu’on y pense un instant, on se rend vite compte que le contexte d’opération d’une salle de serveurs favorise grandement l’accumulation de polluant, de poussière et de micropoussière (dans l’air, mais aussi dans tous les recoins de la salle).

L’accumulation excessive de ce type de contaminant pourrait  s’avérer  potentiellement nocive pour le personnel, dommageable pour les équipements, voire même, tout dépendant de la gravité de la situation, entraîner de douloureux arrêts de service.

Je ne m’étendrai pas sur le sujet étant donné que j’en ai récemment parlé,  consultez ces articles pour en apprendre un peu plus :

7 bonnes raisons de confier le nettoyage de sa salle à des experts

et Comment nettoyer sa salle lors de gros travaux

Pour le moment, il suffit de dire qu’il existe des paramètres précis à respecter, et que seul le nettoyage régulier de la salle permet d’efficacement les rencontrer (je vous avouerai toutefois que j’ai un blanc de mémoire en ce qui concerne les valeurs cibles à viser).

 

COMMENT ÉVITER DES CONDITIONS D’OPÉRATIONS ANORMALES??

Le meilleur moyen d’éviter les problèmes, c’est encore de les prévenir.

Procéder aux entretiens préventifs de tous vos systèmes de support (UPS, Climatiseurs, etc.), en suivant rigoureusement les recommandations des manufacturiers (ceci inclut le nettoyage, ou la décontamination, régulière de votre salle);

Évaluer la capacité résiduelle et disponible de vos systèmes (en particulier la climatisation) préalablement aux ajouts, remplacement et déplacement d’équipement (en fait, essayer de dresser le bilan au moins une fois par année afin d’avoir suffisamment de temps pour agir s’il en manque).

Assurez-vous de définir le budget de puissance disponible, et de situer la densité moyenne de charge maximale par cabinet pouvant être supporté avec les systèmes existants (si vous êtes étranger à ces deux concepts, un article paraîtra prochainement pour les présenter).

Installer des sondes thermiques fonctionnant en temps réel afin de bien suivre le comportement de votre salle et l’évolution des besoins

À ce sujet, il s’avère souvent plus judicieux d’installer plusieurs sondes dans la salle, surtout dans le secteur des rangées froides (idéalement dans la porte, en haut, au milieu et en bas des cabinets) dans le but d’obtenir un aperçu réaliste de la température moyenne de l’air acheminé aux serveurs (encore une fois, on en reparlera plus en détail une prochaine fois).

 

Procéder à une visite d’inspection routinière (typiquement, à tous les mois), en suivant une « liste de vérification diligente » personnalisée, qui tient compte des particularités de votre salle de serveurs, des critères de performance recherchés, de même que de l’âge, de la configuration et de l’état des systèmes en place.

Cette visite représente une occasion idéale d’inspecter chaque recoin de votre salle, afin de déceler d’éventuelles menaces, déviances et anomalies avant qu’elles ne vous affectent.

 

UN CADEAU POUR VOUS!

J’ai préparé un petit pense-bête (un checklist) pour vous aider à dresser le bilan des conditions environnementales qui règnent présentement dans votre salle de serveurs, et faciliter du même coup l’identification de l’apparition, ou de l’aggravation, d’éventuelles menaces ou anomalies.

Vous en voulez une copie? C’est simple, vous n’avez qu’à me fournir votre adresse courriel et je vous en achemine aussitôt une copie :


Courriel

La liste est divisée en quatre sections pour vous permettre de mieux comprendre :

  • Qu’est-ce qui doit être vérifié;
  • Qu’est-ce qui devrait être mesuré;
  • Quels sont les ajustements à apporter;
  • Quelles sont les vérifications complémentaires pouvant, de temps à autre, s’avérer utiles.

J’ai confiance qu’elle vous sera utile et qu’elle vous permettra d’évaluer efficacement les conditions d’opération qui règnent dans votre salle.

 

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS?

Vous avez des commentaires, des idées, souhaitez partager une expérience, nous faire part d’une question, à propos de quoi que ce soit ayant un rapport avec le domaine des salles de serveurs?

Communiquez avec nous via info@salledeserveurs.com, nous serions ravis d’en discuter avec vous !

À bientôt

Pierre

 

À propos de l'auteur

Pierre Mally

Pierre Mally est associé principal et consultant indépendant chez Groupe Biotope, une firme d’experts-conseils qui assiste les gestionnaires responsables de salles de serveurs (Data Centre) dans le développement, et surtout la mise en application, d’une stratégie d’occupation plus saine, plus durable et plus en lien avec la réalité des TICs d’aujourd’hui.

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